Lundi 9 novembre 2009
1
09
11
2009
18:08
C’est à l’âge de deux ans que pour la première fois je fis connaissance avec l’école et son cortège de
règles obligatoires. L’école maternelle, avait une petite cour qui pourtant me semblait immense du haut de ma toute jeune existence, un arbre unique était planté en plein milieu, au fond les wc,
, à gauche les grandes fenêtres et la porte vitrée qui ouvrait sur la salle commune, à l’étage les classes , deux je crois, une pour les petits une pour les grands. Et puis mon
institutrice, une vieille fille douce, au cheveux un peu bouclés et un gros grain de beauté sur la joue…. Elle s’appelait , mademoiselle Prévot et je ne l’ai jamais oubliée… les premiers jours
pour moi, furent pénibles , je pleurais, je voulais ma maman et je ne lâchais pas les jupons de mademoiselle Prévot ce qui sans doute me rassurait, de ma petite main droite je tenais bien
solidement le bas de sa blouse et la suivais pas à pas partout dans l’école…elle ne se plaignait pas de cela et me laissait faire…..Presque quarante ans plus tard, j’eu l’occasion de
bavarder avec elle, elle avait bien vieillie et moi aussi, pourtant elle me confia qu’elle se souvenait de moi, et de ma façon de m’agripper à elle comme à une bouée de sauvetage., et cela
me fit grand plaisir de voir que cette demoiselle qui avait accompagné mes premiers pas d’écolière se souvenait de moi ainsi, avec une tendresse affichée soulignée d’un sourire
affectueux tant et tant d’années après.
De jeux en comptines, de rondes en dessins, j’appris les choses de la vie à petits pas comptés, la dernière année de maternelle j’eu
déjà à apprendre l’alphabet, et les premiers rudiments de lecture, ba, be, bi, bo etc…. puis vint la grande école, et la classe du CP.
Je fis ma rentrée scolaire à l’école communale en octobre 1955, je n’avais pas encore six ans, mais née en Janvier je n’avais sans
doute pas le moyen d’attendre l’année suivante pour commencer l’apprentissage sérieux de la lecture et de l’écriture.
C’était un grand bâtiment à un étage, à une trentaine de mètres à peine du Vidourle et de notre belle esplanade flanquée de cinq
rangées de platanes plus vieux les uns que les autres , sur cinq cent mètres de long. Un grand portail
de fer, s’ouvrait sur la cour toute en longueur , trois tilleuls il me semble, ou quatre peut être, s’alignaient sagement dans cette cour, mi ombre mi soleil, un préau, avec une belle corde lisse
suspendue au plafond, et à l’étage un immense couloir longeant les classes toutes vitrées permettait à la directrice, madame Mouraret, que les grands de quatorze ans avaient affublée du
surnom de « Pique Prunes !! de surveiller sans en avoir l’air tout son petit monde de scolaires insouciants … Il faut dire que son nez d’aigle fort pointu et son regard perçant lui
avaient valu ce qualificatif, qui ma foi, lui allait fort bien !! acariâtre et sévère, elle
n’avait pas d’enfant à elle, et se défoulait sur les enfants des autres, à bien y réfléchir, je ne souviens pas de l’avoir vu sourire, ou si peu …mais même en souriant elle n’avait pas l’air
sympathique , et moi, du haut de mes quelques petites années j’en avais bien peur de Pique Prune !! quand à son mari, il surveillait les études du soir, et nous avons toujours pensé qu’il
était la victime innocente de son épouse maquiavélique , allez savoir ce qu’il se passe dans la tête des gosses ?….
La classe du CP était au rez de chaussée, plus facile ainsi pour les petits de pouvoir aller aux toilettes, juste la cour à traverser. J'étais ravie d'être à la
grande école, un peu stressée sans doute, mais mon institutrice , mademoiselle Léger était jolie comme un coeur, blonde comme ma poupée et très gentille, alors je fus bien vite rassurée et mon
parcours scolaire pu ainsi débuter en toute sérénité.
Iris " extrait de mon cahier : souvenirs d'enfance "